#3 TRAVELING CHOPSTICKS: CRISPY SARA-UDON IN SANGENJAYA

Baguettes nomades #3 : cap sur Sangenjaya et son irrésistible sara-udon croustillant

Il existe au Japon un proverbe bien connu : « Envoyez l'enfant que vous chérissez en voyage ». L'équivalent nippon de notre adage selon lequel les voyages forment la jeunesse, rappelant que pour grandir, il faut se confronter aux défis du vaste monde plutôt que de rester dans un cocon.

J'ai décidé de prendre ce sage précepte au pied de la lettre… avec mes baguettes ! Désormais, elles ne quittent plus mon sac : à chaque halte gourmande, je les dégaine fièrement aux côtés des plats pour vous faire savourer la diversité de la gastronomie japonaise à travers leur regard.

Baguettes japonaises artisanales en laque naturelle de 21 cm

Ces baguettes artisanales haut de gamme mesurent très exactement 21 cm : un étalon parfait pour mesurer la générosité des assiettes.


Mon coup de cœur artisanal

Baguettes isuke en laque naturelle – Finition Kiriko

Découvrir la pièce en détail

Baguette nomade #3 : les délices historiques de Nagasaki au cœur de Sangenjaya

À seulement deux stations de Shibuya, Sangenjaya (affectueusement surnommé « Sancha ») est l'un des repaires préférés de la jeunesse tokyoïte. C'est un quartier vibrant où subsistent des ruelles pittoresques de l'après-guerre, jalonnées de petits bars intimistes et de théâtres d'avant-garde qui s'animent véritablement à la tombée de la nuit.

Pochette de baguettes rétro du restaurant Rairairai

L'emblématique pochette en papier des baguettes du restaurant Rairairai.

En flânant quelques minutes en direction de Shimokitazawa, on pousse la porte de Rairairai, une modeste cantine de quartier réputée pour ses authentiques champon et sara-udon de Nagasaki.

Pendant l'époque d'Edo, alors que le Japon vivait reclus dans un isolement quasi total (le sakoku), le port de Nagasaki demeurait l'unique fenêtre ouverte sur le monde et le commerce extérieur. Cette histoire singulière a permis à des influences métissées et des denrées précieuses, comme le sucre, de pénétrer l'archipel bien avant le reste du pays.

Assiette de sara-udon croustillant avec sauce liée aux légumes et fruits de mer

Le sara-udon : un nid de nouilles ultra-croustillantes nappé d'une généreuse sauce liée et savoureuse.

Le sara-udon se distingue par ses nouilles très fines frites à cœur jusqu'à devenir parfaitement croustillantes, surmontées d'un onctueux glaçage mijoté avec pousses de soja, chou blanc croquant, crevettes, lamelles de porc et poulpe. Dès la première bouchée, le contraste est saisissant : le croquant aérien des nouilles cède peu à peu la place à une texture fondante à mesure qu'elles s'imprègnent du bouillon aromatique.

Gros plan sur les nouilles frites croustillantes à cœur

Toujours irrésistiblement croustillant à cœur !

Tout l'art de cette dégustation réside dans l'assaisonnement sur-mesure. Selon l'envie, on y verse un filet de sauce brune façon Worcestershire pour corser les parfums, ou une larme de vinaigre doux pour apporter une touche de fraîcheur acidulée. Mais attention au piège classique sur le comptoir : veillez à ne pas confondre les flacons !

Flacons d'assaisonnements traditionnels sur le comptoir du restaurant

De gauche à droite : huile pimentée (râyu), poivre, sauce soja, vinaigre et sauce brune japonaise.

À première vue, la sauce soja et la sauce brune japonaise (sōsu) se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Pour ne pas commettre d'impair, repérez la bouteille contenant le liquide le plus dense, sombre et sirupeux.

Gros plan sur la bouteille de sauce brune idéale pour le sara-udon

C'est bien celle-ci ! La complice parfaite du sara-udon.

N'oubliez surtout pas la touche de moutarde forte japonaise (karashi). Délayée au bord de l'assiette, sa pointe vive et piquante vient trancher à merveille avec la douceur veloutée de la sauce.

Pointe de moutarde japonaise karashi sur le bord de l'assiette

Une simple noisette de karashi suffit à réveiller l'ensemble du plat !

Même si les maîtres des lieux ne manient pas la langue de Molière ni celle de Shakespeare, la gourmandise de Nagasaki est un langage universel. Si vos pas vous mènent à Sangenjaya, installez-vous sans hésiter et composez votre propre rituel d'assaisonnement !


Rairairai (来来来)

4-27-10 Taishido, Setagaya-ku, Tokyo

Consulter les avis sur Tripadvisor

Retour au blog